1er Forum du Logiciel Libre
Le 1er Forum Régional du Logiciel Libre, organisé par la Région, s'est déroulé le 29 novembre 2007 : une centaine de participants venus des quatre coins de la région ont pu assister à des présentations de grande qualité et poser leurs questions. Avec ce Forum, la Région a souhaité partager avec les collectivités et acteurs du Poitou-Charentes les clefs de compréhension sur l'utilisation et le développement de ces solutions. Elle a également souhaité offrir un temps fort qui nourrisse le débat sur la gestion mutualisée de projets portés par les collectivités locales tels que le Portail Poitou-Charentes des Services Publics ou LiberAccès. . Retrouvez dans cette page le compte-rendu de la journée, et rendez-vous dans la rubrique TIC pour accéder à tous les supports de présentation des intervenants et en savoir plus sur la politique régionale pour le logiciel libre.
Les comptes-rendus de la matinée
- Partages d'expérience
Les retours d'expérience de deux projets libres apparaissent particulièrement intéressants pour la Région que ce soit en interne ou dans le cadre de sa politique régionale TIC (sur le plan économique et sur celui du service fonctionnel rendu): - gestion de parc informatique libre de la ville de Bressuire avec inventaire automatique et quotidien de l'état des postes informatiques
- système d'Information Géographique libre du Pays du Val de Saintonge: grosse expérience technique qui gagnerait à être mutualisée pour les besoins des communes de la Région
- pour la géolocalisation d'équipements touristiques, du patrimoine régional,...
- pour la mise à disposition des plans cadastraux, des plans d'urbanisme,...
- L'état des lieux du Logiciel libre
Réalisé par l'Observatoire du Logiciel Libre, il est particulièrement éloquent (le consulter en ligne). A retenir : la croissance de 30% à 40% du logiciel libre sur le marché des logiciels depuis plusieurs années et qui devrait se poursuivre pendant encore au moins 4 ans. A noter également que l'un des premiers critères de choix du libre dans les collectivités ou entreprises est que le TCO est plus bas pour les logiciels libres (*). Cependant l'importance de ce critère tend à diminuer au profit d'autres critères qui se révèlent stratégiques comme l'interopérabilité, la possibilité d'adaptation des sources, la fiabilité et la pérennité des applications. Enfin, l'un des gros avantages du Logiciel Libre pour les Directions de Services Informatiques est de leur offrir la possibilité d'essayer et de tester les logiciels par eux-mêmes dans des conditions réelles et à leur rythme avant de faire un choix d'intégration ce qui limite l'effet mirage du marketing et du packaging.
(*) Le coût total de possession - en anglais TCO : Total Cost of Ownership - est un indicateur qui intégre tous les coûts afférents à un produit.
- Table ronde 1 :
Utilisation et développement du logiciel libre : quel(s) intérêt(s) pour les collectivités?
L'importance décisive du facteur humain est un élément récurrent dans un projet à base de Logiciel Libre. En effet, la réappropriation du code source au plan local est facteur de motivation et de montée en compétence. Importants également : un portage fort par la direction, un bon accompagnement des développeurs ou utilisateurs finaux. On constate en outre de plus en plus le passage d'une économie de rente basée sur la vente de licences à une économie de valeur ajoutée basée sur la vente de service au plus près du client et de ses besoins. Pour qu'il y ait basculement, il faut du volume, un seuil critique d'utilisation d'une application libre. Sur les SIG, le point délicat est le coût d'accès aux données géographiques: leur collecte est complexe et coûteuse. De plus, il est signalé que l'IGN qui collecte ces données payées sur fonds publics la revend trop cher aux acteurs publics qui fonctionnent sur ces mêmes fonds : un travail important est à mener pour que l'argent public ne paye qu'une seule fois. En complément, l'importance de la mutualisation des cartes sur les territoires est abordée : chaque collectivité fait sa carte mais avec un format qui lui est propre : c'est ainsi qu'à l'échelle n+1, les cartes ne sont pas jointives.
Les comptes-rendus de l'après-midi
- Présentation du Guide pratique d'usage du logiciel libre dans les administrations par la Direction Générale de la Modernisation de l'Etat (DGME): « Des réponses précises à des questions anciennes »
Ce guide expose la jurisprudence en matière de licence libre, question qui est désormais tranchée et clarifiée. Surtout, il explique comment rédiger son Cahier des Clauses Administratives Générales afin d'orienter clairement les réponses vers l'usagedes logiciels libres même s'il n'y a pas de clause explicite (pour parer à tout risque de recours sur distorsion de concurrence) : il s'agit de définir très précisément les besoins en terme de mutualisation, d'interopérabilité, de récupération du code source des applications, etc... Il convient également de prévoir la transmission des droits de propriété dans le contrat avec le prestataire. A savoir qu'un prestataire n'est pas tenu de respecter les normes et qu'il faut donc le préciser dans le contrat, par exemple le respect des standards ouverts XML, ODT,...
La nécessité de la mutualisation, avec l'exemple des ministères, est également abordée pour souligner l'intérêt d'utiliser les logiciels libres afin de faciliter la pérennisation des investissements. Cependant, plusieurs questions restent aujourd'hui sans réponse simple: - comment co-financer les projets et synchroniser différents budgets?
- quel modèle de gouvernance?
- comment s'accomoder du code des marchés publics?
Esther Lanaspa et Elise Debies de la DGME indiquent que le Guide pratique d'usage du logiciel libre dans les administrations sera mis à disposition et mis à jour régulièrement sur le site: www.synergie-public.fr.
- Partages d'expérience
- LiberAccès L'importance de l'analyse de la taille et de la stabilité des communautés avant de choisir un logiciel libre pour un projet est mise en relief. La mutualisation entre collectivités permet un enrichissement permanent allant bien au-delà de la simple réalisation du projet libre initial.
- Portail Poitou-Charentes des Services Publics Ce projet est emblèmatique de la volonté de mutualisation entre les collectivités du Poitou-Charentes sur les TIC. Cette démarche a notamment pour avantage de diminuer les coûts de mise à disposition d'informations et de services publics de qualité. Une autre facette de la mutualisation se décline au travers des syndicats informatiques départementaux qui accompagnent les petites communes: le même service est délivré au même prix sur tout le territoire (ex: création de site web: 500). Enfin, les applications qui le permettent sont développées sous forme de « web-services » afin de pouvoir être intégrées facilement sur les sites/portails des collectivités qui le souhaitent et ainsi conserver une base de données unique au plan régional qui évite les saisies multiples et les incohérences (ex: annuaire des associations). Pour la suite, la Région cherche à organiser le pilotage et le financement mutualisés permettant d'assurer la pérennité du projet.
- Adullact Projet Il s'agit d'une Société Coopérative d'Intérêt Collectif dont le modèle économique n'est pas capitalistique mais collaboratif: 70% des bénéfices réalisés sont réinvestis dans l'activité de l'entreprise. Son objectif est de garantir pour une application qu'elle restera libre et que toute amélioration valable soit intégrée au bénéfice de tous. La SCIC se rémunère grâce aux contrats de maintenance et aux services associés (formation,...). Il est intéressant de noter que le montant d'un tel contrat peut baisser si le nombre d'adhérents augmente. Exemples d'applications: le parapheur électronique, Web Delib, S2LOW,...
- Hephaestos Il s'agit d'une mutualisation de forges au plan européen. L'idée est toujours la même: éviter autant que possible que l'argent public paye plusieurs fois pour le même besoin. Premiers pas:
- mise en place d'un moteur de recherche multi-forges.
- mise en place d'outils de traduction
- Table ronde 2 - Comment gérer de façon mutualisée les grands projets partenariaux développés à partir de logiciels libres ?
La mutualisation du projet LiberAccès auprès des petites communes se fera en mutualisant l'hébergement au niveau Communauté de Communes, Agglomération ou syndicat informatique départemental et en personnalisant le bureau afin de donner accès aux applications pertinentes pour ces communes. La SCIC Adullact Projet a pour principale valeur ajoutée d'apporter une réponse simple au besoin des collectivités qui souhaitent mutualiser.
- Conseils de François Elie
- Aux collectivités :
- déposer les applications sur les forges libres en marque blanche: si un produit est trop identifié à une collectivité, cela freine sa mutualisation: il ne faut pas en faire une question d'image et à ce titre, il est toujours plus difficile de mutualiser entre égaux bien que ce soit aussi là que les gains sont les plus importants!
- partagez et recherchez tout ce qui peut être partagé dans chacune de nos collectivités: il y a des trésors ignorés
- achetez ensemble: le code des marchés publics le permet
- spécifiez et développez ensemble
- se souvenir que la mutualisation, c'est avant tout une affaire de relations entre personnes
- Aux sociétés de services :
- écoutez les utilisateurs: ce sont les vrais pilotes du besoin
- n'investissez jamais d'argent dans quelque chose qui n'a pas été demandé, sinon vous rentrerez dans une spirale d'exigence de retour sur investissement qui sera décorellé du client et donc négative à terme.
Créé le 7 oct. 2008